Le laiton est un alliage de cuivre et de zinc. Son prix au kilo dépend donc directement du cours de ces deux métaux, mais pas de manière linéaire. En 2026, le prix du laiton au kilo oscille autour de 4 à 5,6 euros chez les ferrailleurs, là où le cuivre dénudé de bonne qualité se négocie entre 8 et 10 euros.
Ce rapport d’environ un à deux mérite d’être compris dans le détail, car il ne repose pas uniquement sur la composition chimique.
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Pourquoi le laiton n’a pas de cotation propre au LME
Le cuivre dispose d’un cours officiel fixé à la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange). Ce cours sert de référence mondiale et permet aux acheteurs comme aux vendeurs de s’accorder sur une base transparente, mise à jour quotidiennement.
Le laiton, lui, ne bénéficie pas de cette cotation directe. Son prix est reconstruit à partir du cours du cuivre et du cours du zinc, auxquels s’ajoutent des coûts de transformation, de tri et de logistique propres à chaque opérateur. KH Metals, négociant néerlandais spécialisé, rappelle explicitement cette absence de cotation de référence.
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Cette différence structurelle a une conséquence concrète : deux ferrailleurs situés dans la même ville peuvent proposer des prix au kilo de laiton sensiblement différents. Pour le cuivre, les écarts restent plus resserrés parce que la référence LME limite la marge d’interprétation.

Écart de prix laiton-cuivre : ce que montrent les grilles 2026
Plusieurs grilles tarifaires publiées par des ferrailleurs français et belges permettent de quantifier l’écart. Chez La Rechetterie, le laiton s’achète à 4,90 euros le kilo, tandis que le cuivre électrique dénudé rigide rouge atteint 10,10 euros le kilo. Le ratio est ici de 1 à 2.
Chez Entreprise Moreau, InterCar ou encore Achatferraille.be, les fourchettes convergent : le laiton vaut environ la moitié du cuivre propre. Ce rapport se maintient depuis plusieurs années et reflète la part de zinc dans l’alliage, un métal nettement moins valorisé que le cuivre.
Cuivre dégradé et laiton propre : la zone grise
L’écart se réduit quand on compare du cuivre de qualité inférieure à du laiton bien trié. Un câble cuivre armé avec plomb, par exemple, ne se négocie parfois qu’à quelques dizaines de centimes le kilo chez La Rechetterie. Un lot de laiton propre, sans flexibles ni plastique, reste à près de 5 euros.
Comparer « le cuivre » au « laiton » sans préciser la qualité du lot revient à comparer deux catégories trop larges. Le grade du métal, son état de propreté et la préparation du lot déterminent le prix final autant que la nature chimique de l’alliage.
Qualité de tri : le facteur qui pèse davantage sur le laiton
Voici le point que la plupart des comparatifs négligent. La préparation du lot affecte le prix du laiton plus que celui du cuivre. Plusieurs ferrailleurs refusent purement et simplement les lots de laiton si les pièces contiennent encore des flexibles, des têtes de robinet en plastique, du fer ou d’autres matériaux parasites.
Pour le cuivre, la logique est plus simple : un fil dénudé et trié par couleur (rouge, non rouge) suffit à obtenir une cotation claire. Le laiton, parce qu’il provient souvent de robinetterie, de raccords ou de pièces de plomberie, arrive mélangé à d’autres matériaux. Le temps de tri est plus long, et le ferrailleur répercute ce coût.
- Un robinet en laiton avec sa tête plastique et son flexible sera refusé ou fortement décoté, parfois de moitié par rapport au tarif affiché.
- Un lot de laiton rouge (teneur en cuivre plus élevée) trié et nettoyé peut atteindre le haut de la fourchette, au-delà de 5 euros le kilo.
- Le cuivre dénudé rigide rouge, même en petite quantité, obtient le tarif maximal sans négociation particulière dès lors qu’il est propre et sans oxydation.
La conclusion pratique est directe : investir du temps dans la préparation d’un lot de laiton génère un gain proportionnellement plus élevé que pour un lot de cuivre équivalent.

Laiton rouge et laiton jaune : un écart de valorisation souvent ignoré
Tous les laitons ne se valent pas. Le laiton rouge contient une proportion de cuivre plus élevée que le laiton jaune classique. Cette différence de composition se traduit par un prix de reprise supérieur, parfois significatif.
Les grilles tarifaires distinguent rarement ces deux catégories de manière explicite, mais les ferrailleurs expérimentés appliquent un bonus sur le laiton rouge. Visuellement, il se reconnaît à sa teinte plus sombre, tirant vers le brun-rosé, alors que le laiton jaune classique arbore une couleur dorée franche.
Pour un particulier qui démonte de la vieille robinetterie ou des vannes industrielles, séparer le laiton rouge du laiton jaune avant la pesée permet de ne pas « noyer » les pièces les mieux valorisées dans un lot moyen.
Quand vendre son laiton : suivre le cuivre, pas le zinc
Puisque le prix du laiton dérive principalement du cours du cuivre, c’est ce dernier qu’il faut surveiller pour choisir le bon moment de vente. Le cours du zinc a un impact, mais secondaire.
Les cours du cuivre au LME connaissent des variations significatives en fonction de la demande industrielle mondiale, des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et des politiques commerciales (droits de douane notamment). Une hausse du cuivre au LME se répercute sur le laiton, généralement avec un décalage de quelques jours chez les ferrailleurs locaux.
- Consulter le cours du cuivre LME avant de se déplacer chez un ferrailleur permet d’éviter de vendre en creux de marché.
- Les grilles des ferrailleurs ne sont pas mises à jour en temps réel : un écart de plusieurs jours est courant.
- Comparer au moins deux ou trois ferrailleurs locaux reste le levier le plus direct pour gagner quelques dizaines de centimes par kilo.
Le laiton reste un métal intéressant à recycler, mais sa valorisation exige plus de travail de préparation que le cuivre pour un prix de reprise deux fois inférieur. Sur un petit lot de quelques kilos, la différence peut sembler modeste. Sur des volumes issus de chantiers de rénovation ou de démolition, l’écart devient un vrai paramètre financier à intégrer dans le calcul de rentabilité du tri.